25/02/2016

CRITIQUE/ANALYSE : CAROL (Todd Haynes - 2016)

CADRES ET POSTURE CONTRE ETRE SOI



         Un plan dit tout du film : il se situe juste après la première rencontre des deux femmes au magasin de jouets. Il montre Thérèse (Rooney Mara) ouvrant son casier pour y ranger son bonnet de Noël, distribué par leurs responsables le matin même. Elle est un peu sonnée, et attend quelques secondes, immobile devant son casier. Le surcadrage de l'image (plan + cadre du casier) et au même moment, le retentissement de la sonnerie qui clôt la journée de travail, lance le mélodrame. Thérèse, malgré la petite folie du bonnet de Noël (bien qu'ici avant tout une obligation professionnelle), est appelée par cette brutale sonnerie à se réveiller de sa rêverie, et nous sommes également prévenus par l'image que l'horizon sera, pour elle, "empêché". Ce plan prépare, explique et résume le film de Todd Haynes : il dit à la fois la femme, le portrait, les conventions et l'absence de liberté.

31/12/2015

LE BILAN 2015

Cette année, le DWARF ne sera pas en retard pour livrer son bilan de l'année 2015. Vous pouvez ainsi retrouver les goûts et les couleurs de nos contributeurs sous forme de listes ou d'articles plus ou moins étoffés. Il y aurait tellement à dire et à développer sur chaque, mais comme la fin d'année arrive à grand pas et qu'on a vraiment plus le temps pour discutailler, venons-en à l'essentiel. Et on en reparlera en 2016 si le cœur nous en dit. 

Tout de même, si on devait dénicher un dénominateur commun dans toutes ses listes (et si je me laissais envahir par un peu de mauvaise foi et surtout de mon amour incommensurable pour ce réalisateur), ce serait cette formule :


 "MERCI GEORGE MILLER" 

Cette déclaration revient en effet à plusieurs reprises à travers les différents avis et le dernier film du réalisateur australien Mad Max - Fury Road figure en pole position des meilleurs films de l'année 2015. Le Dwarf prouve, une fois de plus, son éclectisme puisque ce film fut assez fraîchement accueilli par Roland à l'époque de sa sortie (cf. critique de Francis THE Hustler). 
N'est-ce pas là le signe qu'un grand film doit diviser les avis pour mieux régner dans les débats enflammés... et pour rester graver dans les mémoires ?

Place sans plus tarder à Red_Fox, Charlotte, Roland, Bob Coolidge, Jean-Baptiste, M.W-N et à bibi (enfin Mumu, donc moi). 

24/12/2015

CRITIQUE(S) : STAR WARS - LE RÉVEIL DE LA FORCE (Star Wars - The Force Awakens - J.J. Abrams - 2015)

QUAND J.J. A TUE JAR JAR...


        Nul doute que la sortie événement allait susciter moult réactions au sein de notre collectif et que cette nouvelle guerre de l'étoile allait provoquer une énième bataille cinéphilique. 

         Alors on inaugure une nouvelle flopée de critiques résumant à peu près, si on les concentre, toutes les qualités et les défauts de cette nouvelle entreprise initiée et surtout "marketée" par l'empire Disney. Si vous ne l'avez pas encore vu, je vous conseille son visionnage pour vous forger votre propre avis... Je vous avertis juste en toute honnêteté que notre suite d'articles contient des spoilers, dont certains portent sur des passages clés. Il est parfois utile de dévoiler l'intrigue pour pouvoir rentrer dans l'analyse. Excusez-nous à l'avance du désagrément.


      Toutefois, nous allons commencer notre exploration avec la critique très enthousiaste de ce bon vieux Francis, garantie sans spoilers ! Vous pouvez au moins lire celle-ci pour vous donner envie d'aller voir le film... puis revenir en ces lieux après la séance. 

        Sur ce, je vous souhaite une bonne lecture, éventuellement un bon film et surtout un joyeux Noël. 

09/12/2015

ANALYSE/CRITIQUE : HUNGER GAMES, LA RÉVOLTE - PARTIE 2 (Hunger Games : Mockingjay - Part 2 - Francis Lawrence - 2015)

REEL, PAS REEL ?

De la recherche d'une imagerie


         Les jeux recommencent toujours. Nous avions vu pour le deuxième volet d'Hunger Games (voir critique) que le film, en plus de son histoire propre, mettait notre hors champ réel de spectateur en surimpression : nous étions spectateurs à part entière de l'arène, complice du jeu pervers des écrans comme nous le sommes devant notre télé, complices du jeu factice de Katniss l'égérie, utilisée pour plaire ; le blockbuster avait toute la pleine conscience de montrer ses ficelles, et ça le faisait marrer. Nous aussi, on trouvait ça plutôt fin.


  Ici, dans cette deuxième partie de dernier volet, on nous a fait miroiter comme les studios des gros films à franchise aiment le faire, et si on pensait que c'était fini cette histoire de Jeux, que nenni ! Les Hunger Games reprennent une nouvelle fois, et sans arène, directement dans la maison mère, autrement dit le Capitole, la ville siège de Snow. Katniss le dit, tout ceci est un cercle sans fin. Une fois de plus conscient de ce jeu, on attend la conclusion; où va atterrir la flèche de Katniss cette fois-ci?


03/11/2015

CRITIQUE : THE PROGRAM (Stephen Frears - 2015)

LES SEPT PÉCHÉS CAPITAUX




          Ces derniers temps Frears revient là où on ne l'attend pas. Il récidive donc en s'appuyant sur l'un des personnages les plus controversés du sport moderne : Lance Armstrong.

22/10/2015

SÉANCE DE RATTRAPAGE : LE TEMPS DE L'INNOCENCE (The Age Of Innocence - Martin Scorsese - 1993)

       
       Ça n'aura échappé à personne, cette fin d'année est placée sous le signe de Martin Scorsese. L'exposition que lui consacre la Cinémathèque a été l'occasion de le faire venir parler directement de son œuvre à Paris et dans le même mouvement, les rétrospectives et hommages se multiplient, du cycle Arte aux rééditions en salles. Scorsese est omniprésent en France en octobre 2015 et nous n'allons certainement pas nous en plaindre.

       Nous avons vu dans le cycle proposé par Arte l'occasion de (re)découvrir Le Temps de l'Innocence, fresque de la haute-bourgeoisie New-Yorkaise de la fin du XIXème siècle, adaptée du roman éponyme d'Edith Wharton paru en 1920.

       Tout ou presque a été écrit sur les monuments qui jalonnent le parcours de Scorsese, de Taxi Driver à Casino, en passant par Raging Bull et Les Affranchis mais Le Temps de l'Innocence, s'il est bien connu des cinéphiles, demeure quelque peu dans l'ombre de ces mastodontes de la culture pop pour une large part du grand public. Ce film est pourtant charnière dans l'œuvre du réalisateur et ne saurait être écarté d'une filmographie sélective pour ce qu'il a changé par la suite dans son travail.


20/10/2015

CRITIQUE : THE VISIT (M. Night Shyamalan - 2015)

S.O.S 
CAPITAINE ABANDONNE LE NAVIRE

SOS comme "Sh... Of Shyamalan"


       Cher(e)s ami(e)s, l'heure est grave. La face du DWARF est sur le point de changer à tout jamais. Marquons ce jour d'une pierre blanche afin de se souvenir longtemps de cet événement absolument unique dans toute l'histoire du blog : 

Charlotte vient de pondre sa première critique négative !!! 

       Du fiel, du dégoût, des insultes.. Tout y passe, vous êtes prévenus. Mais êtes-vous prêts ?

Mercredi 7 octobre, 22h et quelques. Je suis triste. Je ne dirais pas que mon monde s'écroule, mais je viens de faire une très mauvaise rencontre, avec quelqu'un que je pensais bien connaître.


  Une question, M. Night Shyamalan : Pourquoi avons-nous eu sous les yeux pendant un peu plus d'une heure trente, un cinéma qui ne prend pas parti, qui renonce ?

        Les nombreux renoncements du film sont la raison de ce SOS.

14/09/2015

BILLET D'HUMEUR

      Un certain temps déjà s'est écoulé depuis mon dernier article sur le DWARF. Mille raisons à cela, la première étant sans doute mes obligations professionnelles ou la période estivale. Mais pas seulement. Le fait est que je n'ai pas vu de films récemment qui s'avèrent exceptionnellement bons ou mauvais, au point que le besoin d'écrire se fasse irrépressible.

     Je ne vois pas tous les films mais j'en regarde beaucoup et la plupart sont des séances de rattrapage, des films que j'ai ratés en salle ou qui appartiennent à l'histoire du cinéma – et que j'ai donc ratés en salle faute d'être né au moment de leur sortie – et évidemment les revisionnages de grands classiques. J'essaie également de ne pas être sectaire et de regarder tout autant des films que je désire voir et d'autres pour lesquels je n'ai a priori aucune appétence mais qui m'intriguent, souvent du fait d'un succès public.
     Au cours du dernier mois, j'ai notamment regardé A Most Violent Year (de J.C. Chandor), Ninja Turtles (de Jonathan Leibesman), Babysitting (de Philippe Lacheau et Nicolas Benamou), Ted 2 (de Seth McFarlane), le premier épisode de la mini-série Tut (1 h 27 l'épisode), Vice-Versa (de Pete Docter et Ronnie Del Carmen), les Minions (de Pierre Coffin et Kyle Balda), Hercule (de Brett Raner), Fury (de David Ayer), The Imitation Game (de Morten Tyldum) ou encore Mississippi Burning (d'Alan Parker).

29/08/2015

HOLLYWOOD BANDE MOU... ou comment j'ai descendu les sept niveaux des enfers cinématographiques

HOLLYWOOD BANDE MOU...

... ou comment j'ai descendu les sept niveaux des enfers cinématographiques


       Ô toi, très cher lectrice\teur, toi qui entres dans cet antre aux confins septentrionaux des internets, toi, simple humain, spectateur avisé ou spectateur à viser, toi qui ouvres ton portefeuille bien souvent pour assister prestement à des images qui bougent avec du son dans des endroits sombres, et en Technicolor en sus, ô toi, abandonne ici tout espoir.
       Car, tu n'auras ici que torture, tourments de l'âme et circonvolutions circonspectes de ma psyché en déroute... et quelques mots orduriers aussi.

      Hier, par une nuit noire et humide de sueurs, mon âme vagabonda dangereusement auprès du grand poète Virgile, qui me servait de guide.

Moi et mon guide (en rouge)

06/08/2015

ANALYSE/CRITIQUE : LE PETIT PRINCE (Mark Osborne - 2015)

COUP DE POUCE POUR LES HISTOIRES


  Si on pense de manière évidente que les dessins animés sont avant tout pour les enfants, rares sont ceux qui mettent aussi fortement l'enfance au cœur de leur histoire, et de manière si juste. C'est-à-dire qu'ici, deux des personnages principaux sont des enfants, mais va être surtout développée au cours du film une ébauche de définition de l'enfance, car elle est multiple et infinie, celle qui ose, voyage, brise les frontières, construit, comprend plus vite, celle qu'on emprisonne et qu'on perd.