« I'M A FUCKING ACTOR ! »
Nous sommes en présence de deux idées qui se réfléchissent : les déambulations d'un homme qui cherche ce qu'il est, et en parallèle un film qui réfléchit et montre son statut de film (la caméra qu'on sent comme jamais, la scène où le Birdman prend vie dans la rue et scande quasi face caméra que de toute façon, le spectateur ne veut qu'action, blockbuster, et qu'il n'a que faire des pensées philosophiques des films d'auteur). Le fait que les deux principaux choix de cadrage soient les multiples caméras à l'épaule suivant les personnages dans les couloirs exigus des loges du théâtre et les plans qui prennent plus de hauteur, par exemple celui montrant la scène de théâtre de haut, parmi les câbles, projecteurs, fils surplombant les acteurs, ou ceux montrant le ciel et le haut des immeubles forme une bivalence nous mettant à la fois proche de l'homme – les couloirs sinueux pour le labyrinthe du cerveau- et témoin de la mécanique qui l'écrase – les fils du marionnettiste, le réel derrière le jeu, l'homme en slip derrière le super-héros.

